Retour sur le spectacle

6 décembre
Récital poétique et musical  le 6 décembre

Bruno Doucey, Marion Diaques et Salah Al Hamdani


4 décembre

Le plaisir du texte, troisième épisode le 3 décembre

 

Michaël Glück

Lectures autour de "L'arc et la lyre" d'Octavio Paz

 


Marie-Agnèssoirée Marie-Agnès 26 novCocteau et la jeunesse 23 novPlaisir du texte Michaël Glück 20 novembre



Quelques images de nos soirées de novembre 13



 


Polyphonies Neruda à Clapiers

Le succès de notre hommage à Neruda ne se dément pas.

 

La Médiathèque Albert Camus et la Maison de la poésie présentent leurs excuses à toutes les personnes qui n'ont pas pu entrer lors de la représentation du 15 novembre, faute de places disponibles.
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Je n’avouerai que l’eau

 

« Je » ? Quelle est cette voix poétique nommée « je » qui se surprend à monologuer, balbutier, scander, s’interroger, se solliciter, s’interpeler ? C’est celle du poète et comédien  François Philipponnat qui s’entremêle à sa nymphe Echo, la comédienne Nadine Cabarrot. L’un répond à l’autre en polyphonie , la voix de Nadine vient ruisseler et se mêler à la salive bégayante de François qui inonde son texte : « Je n’avouerai que l’eau ». Cet aveu quelque peu insolite et surréaliste est à l’image de ce spectacle. C’est un torrent de mots qui se déverse sur les spectateurs pour mieux les ramener, inconséquents bateliers, vers le rivage de la présence poétique au monde.

  Céline Keiser 

 

 


Planète pacifiée de François Szabo

 

En réponse à l'avertissement du poète.

 

Planète pacifiée où la nature humaine se déploie à même le sol, à même la terre.

terre fragile et argileuse

sur laquelle le pas du poète achoppe

                                 en claudiquant

pour mieux ajourer le "chant salvateur" de la langue.

 

Planète Terre aussi infirme que le poète solitaire.

 

Nul n'existe par sa propre présence mais par l'altérité qui lui fait face.

Stigmates des blessures de l'ignorance d'une "dignité humaine" à peine esquissée.

Un geste, une parole d'exigence.

Voici le poète peu à peu gagné par "l'énergie" du poème qui inscrit l'amour comme leitmotif compensatoire à "l'indifférence".

 

C. Keiser

 

DSCF9473 copie Soirée de lectures autour du livre Planète Pacifiée de François Szabo accompagné de son fils Dimitri qui en fait les illustrations et Jean Joubert, auteur de la préface.

 


Retour en images: soirée Frédéric-Jacques Temple

 

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Patricio Sanchez : Le Parapluie rouge

 

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C’est sous les auspices bienveillants  de notre poète et président  Jean Joubert  -  qui entama cette rencontre « plaisir du texte » en brandissant, non sans malice, un coruscant parapluie rouge qu’une feinte superstition l’empêcha d’ouvrir !  - que Patricio Sanchez, son éditeur Jean Charles Domens et leurs lecteurs, à tous les sens du terme, furent introduits.

Puis vint la présentation par le même Jean, du poète chilien « fétiche » de la maison de la Poésie, très sincère et touchante. Comme l’auteur de « Blanche »  le dit  lui-même souvent (filiation chromatique ?) à propos de la Poésie définissant ainsi en quelque sorte l’art en général peut-être :  la poésie de Patricio Sanchez est « une voix d’homme pour des hommes ».

Bel accueil pour le recueil « Le parapluie rouge » de Patricio Sanchez, publié très récemment par une figure capitale de l’édition en Région Languedoc : Jean-Charles Domens qui publia aussi Jean Joubert (« Blanche » justement, dans le premier opus de sa collection de poche !) et bien d’autres écrivains comptant pour nous.

La soirée fut chaleureuse et haute  aussi bien en audaces poétiques qu’en émotions. Et l’on peut dire que c’est souvent le cas des soirées où Patricio est à l’honneur.

Un souffle dont des lecteurs et lectrices inspirés (le poète y compris) ont pris possession pour nous livrer une poésie étonnante et transparente ( le mystère peut aussi naître de la limpidité), tour à tour grinçante et même très drôle, surréaliste et tendre, exigeante quoique à hauteur d’homme, lucide sous des atours naïfs et musicaux.

Nous pensions à Verlaine, à Desnos, à Aragon et bien sûr à Pablo Neruda…

Et nous étions dans les rues de Valparaiso dont des embruns et des couleurs lentes un  « parapluie rouge » n’a pas réussi  - fort heureusement ! - à nous protéger.

Rues australes que le lustral verre blanc ou rouge de l’amitié ont rendu ensuite à discrétion plus vibrantes encore !

B. Minjat

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Nous avons vu passer les "Félos" : soirée avec le poète James Sacré et Jacques Brémond, éditeur traditionnel.
  
C2006 J Br-mond taquage - copie[1] Il nous a porté, encore piégées dans sa broussailleuse barbe, les odeurs d'encre et de papiers de son atelier. Il a porté, non encore imprimés définitivement mais mouvant dans sa mémoire, les "Félos" de son folklore intérieur à travers sa poésie.
James Sacré et Jacques Brémond cote à cote pour une lecture et une présentation du travail de l'éditeur.
Nous avons appris par la voix calme et pénétrante du poète ce qu'étaient des "Félos" et nous avons partagé la musique de son français vivant, de sa "boulange" de mots traçant un itinéraire, une fugue mélancolique entre masques, champs et couleurs, sous le soleil et la grammaire.
Si vous voulez rencontrer les Félos de James Sacré,James Sacre 24a Photo J.L.Est--ves[1]à travers ses poèmes (ou les poèmes à travers les "Félos" ?) demandez à M Brémont sa prochaine parution, son petit trésor livresque mûrement façonné. Vous sentirez autant les mots que l'objet car ils aiment à incarner le souffle électif des poètes en d'impeccables fibres, papiers enfin présents.
Autour de nous, pour cette deuxième soirée de la saison de la Maison de la Poésie, les lumineuses photos de Jean-Louis Estèves.
Des plaisirs pour tous les sens donc puisque que le vin de l'amitié nous a unis à l'issu de la lecture, autour de plusieurs spécimens des merveilles de M Brémond!
 
 
B. Minjat 
                                                                                              
 
 
 
 
 
 
 
Soirée "Odilon Redon, prince du rêve" du 05 octobre
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Soirée : "Antonio Machado, la halte du voyageur"
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Le printemps des poètes
 
Il est un printemps qui vient susurer à l'oreille des Montpelliérains de douces notes poétiques. 
Parole proférée
Parole scandée
Parole déployée
Partagée
"Poètes vos papiers"
Les contrôleurs poétiques surgirent dans le Tram pour mieux surprendre l'espace d'un instant quelques quidam au regard soucieux d'une vie par trop prosaïque, et pour leur offrir les réminiscences de poèmes oubliés, provenant d'un paradis perdu de leur enfance.
Rendez-vous aux trois grâces
Trois grâces pour trois comédiennes.
Trois artistes venues happer la liesse, la retenir, l'épanouir d'un regard nouveau porté sur la poésie.
A travers une lecture déjantée, mêlant music-all, lectures et performances, la foule urbaine fut saisie par le chant de nos sirènes. 
Oratorio
La salle St Ravy de ses pierres assoifées de vibrations poétiques, fut emplie d'une rumeur hispanique.
Ainsi Pedro Soler et Bruno Doucey ont-ils conjugué musique et poésie en créant leur "oratorio pour Federico Garcia Llorca". C'est un vrai souffle rythmique et mélodique qui est venu se mêler à notre propre respiration.
 
Sous un autre jour
Tandis que dans l'antique bâtiment de l'avenue du Pirée, qui nous est "une maison et beaucoup davantage" ,  Coko, chanteur et poète, mêlait avec malice des poèmes tantôt cocasses tantôt sombres.
Lili
Bleu.
Bleu déchiré.
Bleu décliné dans toutes ses teintes jusqu'au dévoilement de l'histoire de Lili, l'héroïne de Lili Frikh perdu aux enfers.
Liberté
Et l'Amérique?
Quelle Amérique? 
Beat Generation.
Kerouac / Snyder
Pour mettre au jour deux paroles libérées.
C. Keiser
3 filles devant les 3 graces 
 

Soirée du cycle "Plaisir du texte"
Madeleine Attal, comédienne, lit le "Livre de la pauvreté et de la mort" de R.M Rilke

A l'écoute de l'oeuvre de R.M Rilke, écrite pourtant au tournant du siècle dernier en 1903,on mesure combien est grande son actualité et combien est précieuse, de nos jours, sa portée spirituelle. Le poète autrichien peint le tableau pathétique, sombre mais toujours irradié d'un faisceau lumineux poétique intense, de la déréliction de l'homme moderne enchevêtré dans une vie urbaine saturée et mercantile où la transcendance s'est évanouie avec le progrés et où la solitude n'autorise plus le recueillement et la prière mais occasionne une errance dénuée de sens :
"Ils errent çà et là, dégradés par la peine/de servir sans courage des choses insensées".
Rilke prie et scande le poème et la supplique qui tente de redonner à la Mort sa langue sacrée, celle qui parle paradoxalement de la vie et de l'amour, de l'étonnement et de la beauté pour conjurer la malédiction et la décadence d'un temps désenchanté:
"Car, Seigneur, les grandes villes sont perdues et décomposées". Le chant invite au dénuement, à se dépouiller des hardes corrompues des richesses matérielles pour revêtir l'habit de pauvreté qui seul sied à l'âme. L'auteur des "Elégies de Duino", comme souvent, livre un hymne, tragique d'espérances, à la possibilité de la poésie au milieu du désastre et désigne d'un doigt famélique le chemin de la lumière, fait de mots, passant au travers les miasmes opaques de l'utilitarisme régnant. Il revient à l'essentiel : l'oeil nu, dépouillé des illusions miroitantes de la matière, face aux métamorphoses du monde saisies et éclairées par le phare de la création artistique :
"Mais toi, tu es dans la misère extrême,/ tu es le mendiant au visage caché;/grande rose de la Pauvreté,/ éternelle métamorphose/ de l'or en lumière solaire."
Cette lumière nue, perçant les ténèbres, et riche de la pauvreté poétique, la voix et l'interprétation de Madeleine Attal l'ont accentuée et focalisée tel un prisme de cristal précieux. Une diction tendue mais souple, incarnant au plus haut point les inflexions et les sens du texte, a littérallement saisi les auditeurs attentivement recueillis et pénétrés de la force d'évocation des vers. Chacun semblait entendre, ému, l'histoire de son humaine condition et voir s'incarner l'image tremblante de la vie cueillant la mort. Une lecture poétique réussie c'est aussi cela : le passage poignant du témoin de l'humanité, ces phrases uniques pour peupler et justifier nos solitudes implacables.
 
                                         B. Minjat

Première soirée du cycle "Notre besoin de Rimbaud" (Yves Bonnefoy). Lecture d'extrait d'Une prière américaine"de James D. Morisson par Stéphane Laudier.

En 1968, Jim Morrison, fondateur et leader des Doors, écrit à Wallace Fowlie, professeur à l'université de Duke (Caroline du Nord). Il le remercie pour sa traduction en anglais des oeuvres complètes de Rimbaud qui lui est précieuse : «Je suis chanteur de rock et votre livre m'accompagne dans tous mes voyages.» Quatorze ans plus tard, quand Wallace Fowlie écoute la musique des Doors, il retrouve l'influence de Rimbaud dans les paroles des chansons de Morrison.
C'est dire s'il y a une filiation étroite entre Jim Morisson et Arthur Rimbaud, pourtant séparé d'un siècle et d'un océan.
Et c'est bien de poète à poète qu'ils communiquent car Morisson a toujours essayer de dire que c'était son travail poétique qui était à ses yeux le plus important. Pour preuve une anecdote bien connue des admirateurs des Doors et de leur chanteur charismatique. Alors que le groupe et surtout Morisson sont en pleine gloire et aussi en pleine tourmente judiciaire suite à diverses frasques et consomations illégalles, on les arréte à un aéroport américain et chacun doit fournir ces papiers et décliner son identité, son métier. Jim Morisson, le regard perdue dans d'artificielles brumes, hésite puis dit, la voix aérienne :"Poète... je suis poète".
Cette dimension poétique se retrouve dans certaines chansons des Doors, incontestablement, mais c'est surtout son recueil "Une prière américaine" qui révèle sa veritable identité artistique.
Stéphane Laudier a mis en lumière par sa lecture sobre et tendue l'univers rimbaldien du poète/chanteur. Un texte certes onirique et mystique mais d'où les résonnances sociales et politiques ne sont pas absentes. En effet "Une prière américaine" comme sont titre l'indique évoque la culture et la société américaine, dans ses travers et sa charge d'oppresion. Et étonnament, nous public, nous sentons ces mots, écrits il y a 40 ans, parlés également de notre société occidentale, somme toute largement "américanisée". Une poésie d'une grande actualité se révèle là. D'une modernité forte, comme celle de Rimbaud.
De plus, cette lecture s'inscris dans un projet artistique et pédagogique mené par Stéphane Laudier et des enseigants du lycée Jean Monet avec des lycéens autour des texte de Jim Morrison.
Cette initiative renforce la force d'actualité de l'oeuvre et au delà renvoit à "Notre besoin de Rimbaud", ce "notre" pouvant et devant au plus point représenter la jeunesse d'aujourd'hui, vivant dans une société paralysée et qui, plus que jamais peut-être a envie de vivre les paroles de l'"époux infernal" : "On n'est pas sérieux quand on a 17 ans"! 
                                                                                                                B. Minjat

 


Le Plaisir du texte: lecture par David léon du texte de Barthes et présentation de la future bibliothèque par les universitaires Serge et Marie Bourjea

 

 

Quel plaisir d'inaugurer cette première soirée consacrée au "plaisir du texte"!

Chacune de ces soirées se présentera sous la forme de lectures de textes aimés, appréciés, chéris des acteurs, des éditeurs ou des poètes.

Enfin, le lecteur/auditeur est roi. Le texte est dit sans fioriture, le texte "tel quel" permettant ainsi à l'auditeur d'y goûter sincèrement, im-méditament.

Cela n'empêche pas de laisser ensuite place au dialogue, à la discussion ouverte à tous concernant l'oeuvre ou l'auteur choisi. On lit les poètes mais on a le droit aussi de les "raturer", de les commenter, de les dire autrement, de dire sa propre lecture: c'est bien ça aussi la "lit-térature"...

David Léon a su nous faire passer toute la saveur du texte de Roland Barthes.

Par ailleurs, la future bibiothèque a été présentée par les universitaires Serge et Marie Bourjea qui ont su glaner ça et là des "pépites" encore cachées dans les cartons qui bientôt (en janvier prochain) seront accessibles à tous. De nombreux poètes contemporains d'ici  (éditions de toute la méditerranée) et d'ailleurs (éditions bilingues; revues étrangères) constituent entre autres le fonds de la future bibliothèque actuellement en cours de catalogage. Encore merci à M.Jean Tena et à Frédéric-Jacques Temple pour leurs dons riches et variés à hauteur d'environ 500 ouvrages actuellement!

 

C. Keiser



Première soirée Bienvenue le 29 septembre avec Jean-Louis Estany : "Résister"


 

 


 

Inauguration du lieu de la Maison de la Poésie mercredi 15 septembre

Il est des départs plus amples que d'autres, des débuts qui n'en sont pas mais semblent être de véritables envols.  

La Maison de la Poésie en Languedoc existe depuis maintenant 5 ans mais n'avait pas de lieu identifiable et officiel, pas de "maison" inauguration maipo013 copie[1]paradoxalement. C'est chose faite désormais et la soirée de mercredi marquait ainsi une véritable inauguraion au sens plein du terme. Car avec des murs fixes c'est le ciment des projets qui se fait plus dense. En effet, la soirée fut riche en perspectives pour l'année à venir avec de nombreuses et variées manifestations prévues (programme ici). Le lieu était comble de monde et l'atmosphère chaleureuse et même euphorique, avec dans l'air cette leste électricité propre aux partances, aux entames.   Car la sensation d'un début de quelque chose était bien là et l'on percevait que désormais localisée la Maison de la Poésie allait pouvoir prendre tout son essor : accueillir, jouer, clamer, conserver, lire, danser, chanter,  sortir d'elle-même bien sûr (beaucoup de manifestations sont aussi prévues dans d'autres lieux), être somme toute un lieu de culture public ouvert sur les paroles poétiques. 

Clôturée dans la convivialité d'un apéritif, la soirée était vraiment à marquer d'une pierre blanche, de celle que foulent les "semelles de vent" pour reprendre l'expression du poète, les pas d'une nouvelle marche poétique.

 

                                                   B. Minjat

 

 


 

Affable et avenant, spectacle chorégraphique par Denis Taffanel

 

 DSCF8068 copie Photo J.L.Esteves-copie-1La performance de Denis Taffanel affirme avec force et conviction que les mots sont des organes formant un corps, le poème. Passant par le truchement de la parole vive, il est un corps-poème en mouvement dans l'espace du dire. De Rilke (Recueillment du matin), à La Fontaine (Les femmes et le secret) en passant par Hikmet (La plus drôle des créatures), l'artiste a pétri la langue comme il a contorsionné son corps et pris à son compte l'arpent scénique. Tour à tour féroce, ironique, grave, provocatrice et drôle la chorégraphie s'est emparée des mots pour engendrer une danse syntaxique et expressive.

 

B.Minjat

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La comédie du livre de la Maison de la Poésie

 

  Voici la cinquième annnée que la Maison de la Poésie féconde la Comédie du Livre de plusieurs manifestations inscrites dans le thème du pays invité : pour l'édition 2010, ce sont les Etats-Unis qui étaient à l'honneur et donc bien-sûr les poètes américains.

Dans cette optique, Jean Joubert, romancier, poète et traducteur français, par ailleurs Président de la Maison de la Poésie, nous a proposé de découvrir deux poètesses américaines quelque peu méconnues : Denise Levertov et Ruth Fainlight. Un exposé clair nous a permis de connaître quelques élements biographiques et surtout nous a fait saisir les forces à l'oeuvre dans leurs poésies respectives : des clefs de sens pour comprendre les vers de ces deux artistes. En complément essentiel Jean Joubert et la comédienne Eloise Alibi, tous deux avec un parfait accent, ont ponctué la "théorie" de plusieurs lectures de poèmes qui nous ont donné à déguster la chair des mètres américains.

Une poésie transcendante en clair-obscur pour Denise Levertov et une inspiration plus réaliste pour Ruth Fainligh.

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Dans la foulée, le poète et romancier Frédéric Jacques Temple nous a donné une conférence passionnante sur le grand auteur, philosophe, essayiste et naturaliste du XIXéme siècle, David Henry Thoreau. M Temple a mis en évidence, en en restituant toute la force de liberté et de poésie, la vie et les thèses de l'auteur de Walden ou la vie dans les bois.

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r-p-titions salle moli-reAu sein de l'antique salle Molière, les comédiens et comédiennes  Juilen Guil, Eloise Alibi, Juliette Muchonnat, habitués de  la Maison de la Poésie, nous ont lu avec expressivité, fureur et audace des poèmes choisis de Poe, Whitman et Ginsberg. L'interprétation du "Corbeau", en bilingue, était particulièrement remarquable.


 

B Minjat

 


L'oral et hardi par Jacques Bonnaffé le lundi 3 mai au théâtre Jean Vilar

 
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La salle était pleine. Soudain un homme descend les escaliers. Il passe près de moi. Il titube. Je sais qui est cet homme. Portant, il prétend autre chose. On attend. Il attend la venue du comédien qui doit monter sur scène. Déjà, le spectacle est commencé. Il s'en faut de peu. Jacques Bonnaffé ouvre la bouche, bégaie, hésite, se reprend, corrige, bafouille, trébuche sur les mots et recommence tel un boxeur cognant dans des mots qui claquent, débordent et se déversent comme une pluie diluvienne sur la scène de Jean Vilar. L'inondation loin d'inquiéter un public sans parapluie prend à la gorge ce dernier qui rit et adresse à son tour un torrent d'applaudissements.

C Keiser
 

Serge Pey


C'est à la médiathèque Emile Zola que la Maison de la Poésie et Serge Pey ont mis en place une lecture quelque peu inhabituelle.
Imaginez le café de la médiathèque entièrement dédié à la poésie.
Deux rangées de textes sur lesquels sont posées des tomates, au centre des bambous.
Qu'est-ce à dire?
Et bien Serge Pey, va vous lire chacun de ses textes penché sur chacun de ses poèmes. Peu à peu il dépècera une tomate en faisant tomber goutte à goutte chaque morceau de pulpe symbolisant ainsi à la fois la violence de certains de ses poèmes parfois engagés tels des gouttes de sang et semble-t-il la mise à nu du poète face à l'écriture qui donne toute sa chaire et tout son sang au poème.
Une performance à la fois impressionnante et prenante.

C.Keiser
photo serge pey


Le Ptit Atelier 3 lit Anne-Marie Jeanjean

Le P'tit Atelier 3 met encore une fois ses talents au service de la Maison de la Poésie.
photo Juliette Mouchonnat
A la salle Saint Ravy, les deux comédiennes mettent en scène les texte d'Anne-Marie Jeanjean s'étalant sur une vingtaine d'années.
Du chant, de la musique, deElo-se Alibi la Voix pour des texVincent Ferrandtes à la fois décalés et légers, engagés et profonds  (féministes parfois: textes bien placés en ce jour de la femme!) Une poésie contemporaine particulièrement mise en valeur par Le P'tit Atelier et le contrebassiste, Vincent Ferrand.
On a envie de découvrir ou redécouvrir la poésie d'Anne-Marie Jeanjean. Pari réussi!
Anne-Marie Jeanjean dans son atelier

C.Keiser


Décale-moi l'horaire
André Velter
Jean Schwarz

Dépaysement. Espace. Feu. Trois maîtres mots de l'oeuvre d'André Velter que l'on a retrouvés concentrés, incarnés dans le récital « Décale-moi l'horaire » où le poète scande des « chansons parlées » sur des musiques composées par Jean Schwarz. D'énergies, de pulsions « rouges » en traces lumineuses d'incantations indiennes, la parole a toujours été porté en « Haut-Pays », pour reprendre le titre d'un de ses derniers recueils et André Velter, d'une même imprécation, d'un même souffle fervent crée une hybridation ravageuse, un oscillement entre deux plaines, comme en balançant sur une arrête montagneuse, entre chant scandé, poésie sonore et récitatif classique. Par cette hésitation la parole « décale » les angles de vue et livre ce qui atteint au pur rythme c'est-à-dire une trajectoire spaciale du sens et de la plénitude du dire. Une marche vive à travers les fuseaux horaires du

langage.

                                                         B MINJAT

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Exposition Jacques Basse
à Castelneau, Centre André Malraux


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"Petit, je faisais les caricatures de mes proches"
Ainsi le miroir déformant de la caricature a-t-il fait place à la fidélité sincère du modèle.
Jacques Basse jette son trait à la pointe fuligineuse sur le grain et dessine avec force réalisme les linéaments d'un visage à deux âges: Jean Joubert.
Le capteur de lumière, c'est lui, l'ami des poètes.
Au poien, il répond non par les mots de sa plume mais par les émaux de sa pointe. A défaut d'habiter en poète, il habite le poète par nécessité de la présence, d'une co-naissance poétique et picturale.

C.Keiser
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Soirée MAIPO du 4 Décembre
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"Les poètes n'hibernent pas" et les amoureux de la poésie non plus. C'est ainsi que l'auditorium de la médiathèque de Castries a fait salle comble grâce notamment aux enfants qui ont accueilli ces poètes avec la plus grande attention. Mieux encore, c'est un petit Antoine qui a clos la soirée par un hommage à Jean Joubert.
Les poètes présents : Yves Rouquette, Frédéric-Jacques Temple, Anne-Lise Blanchard, Michel Arbatz, Stephen Bertrand, James Sacré, Patricio Sanchez et François Szabo ont tour à tour pris la parole pour exprimer entre autres la fuite du temps et célébrer la nature.
Le pari était osé : une soirée à écouter huit poètes lire leurs productions... Mais il est réussi grâce à l'éclectisme des styles poétiques et à l'originalité de chacun des poètes, nous sommes passé du portrait d'un taureau à celui  d'un père "en travers du temps", d'une "fleur qui affleure" à "un jardin au bord de l'eau", des "carnets du désert de lune" au "chant des indiens selk'nams".
Photo J-1-.L.EstevesDSCF6923 - M.Rouquette F.J.Temple copieMême si l'éternelle question de la place du poète en ce monde se pose: "C'est toujours trop tard que nous arrivons, / Les poètes: quand tout déjà a été dit sur tout" (Yves Rouquette), nous pouvons les remercier de "cette audace" de prendre la parole sans quoi les enfants n'auraient pu se nourrir encore un peu de poésie avant l'hiver.
C.Keiser


Photo-J-1-.L.EstevesF6930---copie-F.J.TePhoto J-1-.L.EstevesDSCF6977 - copie Antoine


"Les poètes n'hibernent pas"














_0053.jpgSoirée du 9 octobre

Philliponnatpolyphoné



Des neuves entrailles – un charmant auditorium à taille humaine – de la Médiathèque Françoise Giroud de Castries se sont élevés des sons, deux voix s’apostrophant au carrefour du verbe, des clacs, des « crift, craft » ( !) et des leçons d’yeux et de cœurs dialogués poétiquement. Avec sa plume biseautée à point François Philipponnat distribue une cantate verbale pour canon, distille rythme et verve pour deux becs  d’Albatros virevoltant dans de polyphoniques nues. Et pour l'auditoire attentif, soumis aux mots tour à tour chuchotés, heurtés, scandés, mis en fugue, en fuite, en résurgence et surtout en existence, la jubilation surgissait à chaque "tour" de langage .

Un spectacle vivant pour une écriture vivante (quoique regardant la mort et la fiction en face) porté par deux voix d’acteurs (dont l’auteur) parfaitement enchevêtrées, orchestrées.

On est emporté par la pulsation primordiale du dire sans pour autant s’oublier à la séduction du pur signifiant : le sens affleure sans cesse.

 

B. Minjat
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Soirées du 6 et 8 novembre
Le défi


Il est souvent des malentendus en matière de réception d'une oeuvre poétique comme d'un dialogue entre un prophète (sourd) et un sceptique (sourd). Mais c'est l'effet de la parole poétique, par définition, qui porte en elle ce potentiel labile de mésinterprétation; bien heureusement peut-être : sa liberté et sa prison, tour à tour. La rançon d'ambiguité qu'engendre le rapt des hautes sphères du langage.Ponge-compagnie-provisoire.jpg
C'est le cas, pour une part, avec celle de Francis Ponge : oeuvre austère de spécialiste telquelien qui ne convient d'aborder que drapé de la panoplie universtaire et structuraliste. Dit-on. Poésie autoréférente qui ne se tourne vers le monde que pour en faire un réseau sémantique. Mots penchés à leurs reflets miroitants, tels de graphomanes Narcisses. Croit-on.
Avec raison d'ailleurs, pour une part, et c'est l'auteur lui même qui en provoqua cet abord avec l'établissement résolu d'une poétique de rupture avec ce qu'il nommait lui-même le "cancer poético-lyrique", c'est-à-dire la Poésie (presque tout ce qui lui était contemporain, des surréalistes dont il s'affranchit rapidement à St John Perse, entre autres). Fatalement, cela donne une poésie plus sèche, moins démonstrative, plus réflexive. A priori du moins.

Cependant ce n'est qu'un Ponge, qu'une alvéole et qu'une absorption possible.

Et quoi de mieux qu'une représentation, au sens plein du terme, pour faire éclater la charge de vie que contient aussi cette oeuvre, son rapport direct avec la voix, avec le monde et ses tissus (son texte donc), avec sa position d'homme lucide face à une réalité complexe et polyphonique.
C'est ce que le "défi" des choses du langage, proposé par deux compagnies théâtrales, a réussi à faire : restaurer une dimension souvent méconnue de cette poésie.
Même si dire Ponge peut paraître de prime abord incohérent. L'idée est au contraire salvatrice et rend la parole au poète.
Grâce à la compagnie Le P'tit atelier (Eloïse Alibi et Juliette Mouchonnat), tour à tour tirée vers la musique et le chant et amenée vers l'incarnation dans une réelle intention théâtrale, la voix de Francis Ponge retrouve sa dimension quasi baroque (car le baroque n'est pas qu'une vague extravagance surréaliste) c'est-à-dire un lyrisme contrôlé et architecturé mais toujours empreint du sceau de Protée.
C'est tout le Ponge classique, au sens du 17e siècle, que ces spectacles ont révélé pour le plus grand plaisir de l'auditoire.

Ce Ponge qui se rêvait en La Fontaine ou en appelait à Malherbe, dans le monde par le langage et dans le langage par le monde, jusqu'à l'engagement "social", par moment. Un humanisme et presque un moralisme (au sens du 17e siècle encore)incarné par un choix et un montage de texte pertinents fait par les comédiennes et les comédiens.
Une réflexion en acte de langage et aussi en jeu : il y a aussi tout le potentiel ludique de cette oeuvre qui est advenu à travers les lectures du P'tit Atelier  et de la Compagnie Provisoire (Julien Guill, Frédérique Dufour et David Léon). Ces derniers jouant aussi avec le lieu (salle Pétrarque) en nous faisant déambuler parmi les pierres "spongieuses" qui l'habitent. L'alternance des trois textes et des trois voix des comédiens ainsi formée constitue un va-et-vient constant entre le poète et ses "objeux" ou peut-être "obje".

                                          C. Keiser et B. Minjat